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L'idée...



Commençons par le commencement…



Le moment où on y pense juste une pensée qui traverse l’esprit, une pensée qui sera le départ de tout.


En fait non ce n’est pas réellement le début, le début c’est le jour où à 8 ans j’ai demandé à ma mère pourquoi il n’était pas possible de faire plusieurs métiers, et puisque ce n’était pas illégal pourquoi ne pas le faire, et pourquoi nous ne faisons pas juste ce qu’on aime et pourquoi devoir choisir. Bref, ce jour-là j’ai compris que j’étais différente, que je ne suivrai pas un chemin tout tracé que je ferai mon chemin .


Sinon, mis à part cette épisode où j’ai vue le désespoir dans les yeux de ma mère, j’ai réellement voulu créer ma marque, mon univers et ma vision de la mode, lorsque je vivais à New York ma ville d’inspiration par excellence, mon essence, ma jolie p’tit pomme.


Pour vous aider un peu à visualiser le tableau... deux serveuses (les deux Céline) dans un appartement new yorkais aux briques rouges, une qui veut percer dans la musique et qui crée jour et nuit, l’autre qui veut se faire une place dans le milieu de la mode et qui coud et dessine jour et nuit. C’est cliché je vous l’accorde et quelque part ça vend un peu du rêve quand même, non ?

Et pourtant, c’est effectivement là où tout a vraiment commencé. J’ai commencé par créer des pièces de prêt-à-porter (et oui prêt-à-porter) avec des tissus chinés entre la 7ème et la 8ème ave, des modèles réalisés sans croquis à partir de la matière.


La matière m’a toujours inspirée, je ne croque jamais réellement avant de créer. De toute façon même quand je me force à le faire le résultat final n’est jamais le même que le croquis d’origine.

J’ai eu la chance de croiser de grands noms de la mode tel que Marc Jacobs, mais jamais en tant que styliste ou designer, toujours en tant que serveuse. Je n’ai donc jamais osé leurs montrer mes créations. Clairement, je me voyais mal balancer mes croquis sur la table de Monsieur Jacobs pendant qu’il mangeait sont Beef Bourguignon genre « oups pardon… Mr Jacobs voila mes croquis mais terminez votre beef on en parle plus tard … »


J’ai aussi eu des rendez-vous avec de prestigieuses maisons où je ne suis jamais allée et ai loupé de belles opportunités de montrer ce que je savais faire par manque de confiance en moi et par manque de sentiment de légitimité.

Il ne faut pas oublier que j’étais serveuse et même une serveuse à New York ça reste une serveuse. Pourquoi ces gens-là auraient pris le temps de jeter ne serait-ce qu’un coup d’oeil à mon travail. C’est jamais facile de montrer ce que l’on fait, de s’exposer à la critique. J’étais à l’époque tétanisée par l’idée qu’on puisse me dire « non mais là, arrête, c’est trop moche zéro zéro zéro ».


Je n’avais que 28 ans à cette époque et un manque cruel de confiance en moi. Parce que oui, il faut bien le dire : c’est pas parce qu’on est dans le milieu de la mode ou le milieu créatif qu’on a une confiance débordante en soit.

Il faut du temps (en tout cas pour ma part) avant d’arriver à se dire qu’on est légitime surtout quand on ne sort pas d’écoles de stylisme, commerce ou marketing.


Mais je réalise à l’heure actuelle que cette étape a été décisive à mon évolution, donc à l’évolution de ma marque. J’ai aujourd’hui 35 ans et ai fait de mes faiblesses passées des atouts. Aujourd’hui, je n’ai absolument plus honte de dire que je sors de plus ou moins nulle part et que même sans bac et sans étude, je suis capable de créer sans me demander si ça plaira, d’apprendre chaque jour grace aux personnes qui font partie de mon entourage professionnel, de pouvoir proposer mes idées en toute confiance et d’avoir pu me donner les moyens physiques et psychologiques d’entreprendre dans un domaine qui me passionne .

Bref après cette aparté digne du divan d’un psy, revenons à l’idée … Je disais que je créais à l’époque mes premières pièces de prêt-à-porter dans mon petit appart new yorkais accompagnée par ma coloc chanteuse Céline @petiteceline. Et voila cette idée qui arrive et qui ne sortira plus jamais de ma tête …. « pourquoi je ne créerai pas ma marque ?». Pour être honnête je pensais naïvement à l’époque qu’en montant ma marque je n’aurais pas à me confronter à la critique des professionnels, (alors je vous l’annonce tout de suite c’est FAUX) et que je pourrais en plus créer ce que je veux, à ma guise sans me préoccuper de ce qui est tendance ou pas car moi ce que je voulais c’était créer la tendance.

Je vivais clairement dans le monde des bisounours ( j’y vis toujours un peu parfois).


Après quatre années passées là-bas à rêver d’être une créatrice et à rêver ma marque sans avoir le courage de concrétiser quoi que ce soit, j’ai dû rentrer en France car mon visa expirait.

Au-delà du désespoir de quitter ma vie new yorkaise, et mes amis, j’ai continuer à créer et à vouloir monter cette marque, qui soit dit en passant devait s’appeler Cé.

(je sais pas très très original)


Mais bon qui dit retour en France dit retour chez maman à Aix avec le sentiment d’échec qui va avec.

Malgré ça j’ai continué à vouloir cette marque plus que tout. C’est fou une idée quand même non ?

Comme dirait Léo dans « Inseption » "Une fois que l'idée s'est installée dans l'esprit, il est presque impossible de l'éradiquer".

(oui je pense souvent à Léo... comme nous toutes)


J’ai donc fait des démarches auprès de ma banque pour une demande de financement, fait une pseudo formation pour les créateurs d’entreprise, contacté tous les façonniers français que j’ai pu trouver sur le web pour la fabrication de mes modèles. Très peu ont répondu, pour être franche 1 seul a souhaité me rencontrer. Il s’avèrera que ce monsieur est un chef d’atelier connu et reconnu pour son combat en faveur du « Made in France » mais ça je ne le saurai que bien plus tard .


De ce jour, j’ai multiplié les démarches, j’ai même envoyé un courrier à Arnaud Montebourg pour qu’il soutienne mon projet étant à l’époque le « Monsieur Made in France ».

Et … rien, le résultat de tout ça n’a abouti à rien. Au final ma banque a refusé ma demande de financement, aucune administration n’a voulu me suivre, mais j’ai quand même reçu une jolie lettre de la secrétaire de Mr Montebourg qui en gros me disait:

"bon courage… mais... nous on peut rien faire".

J’ai donc commencé par pleurer (car oui je suis une pleureuse) et j’ai rangé mes dessins.


Du coup dans ces cas-là on fait quoi?

Et bin en fait ou on laisse tomber, ou on est complètement sadomasochiste et on continue…


Je pense que la principal qualité d’un entrepreneur est la persévérance. Si vous n’êtes pas prêt à vous prendre des portes et surtout à vouloir les défoncer malgré tout… ça n’vaut pas le coup.


Mais on était encore loin de l’idée même de Liaje…


Je continuerai à vous raconter la suite dans mon prochain post lundi car j’ai déjà pas mal écrit et j’ai aussi pas mal de travail qui m’attend.


Suite au prochain épisode…


Bisous











Je vous ai fait une petite galerie photo pour vous aidez à visualiser.

Enjoy...


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